Mercredi 21 mai 2008
Quel plaisir de trouver des commentaires au bas de l'article « Edward Scissorhands » !
Si vous ne les avez pas lus, les voici :

Excellent film, un de mes préférés à moi aussi ! Chaque fois que je vois un buisson mal taillé, une maison pastelle, la coupe de cheveux d'un danseur de Tecktonic, je pense direct à Edward aux mains d'argent :-) Et comme disait un journaliste de Libé : Chaque film de Tim Burton est un cadeau dont on est pressé d'ouvrir l'emballage..."

Et même pas une petite mention pour la musique, véritable clé de voute du chef d'oeuvre ? :-(

Le premier nous vient de Pascal, un grand fan de Burton. Pascal est l'excellent critique d'un hebdo du plat pays avec lequel j'étais (presque) toujours d'accord quand je défendais les films dont j'avais la charge.
Le second, Hadrien, un internaute dont je suis un lecteur assidu de son blog.
Sa remarque est ô combien pertinente. C'est vrai que je ne parle jamais des musiques de mes « Favorite Movies». Et c'est vrai qu'ici j'aurais dû faire une exception. Comme il est vrai aussi que parmi mes 200 ou 300 « soundtraks » celui d'Edward Scissorhands sort du lot.
N'ayons pas peur des mots : c'est la meilleure musique de film de ma discothèque !
Danny Elfman est le compositeur de pratiquement tous les films de Tim Burton son plus fidèle partenaire avec Johnny Depp. Mis à part Ed Wood et Sweeney Todd, il composa la musique de tous ses films. Plus qu'une harmonie, c'est une osmose qui lie les deux artistes pour une seule et même vision. La trame sonore composée par Elfman pour « Edward Aux Mains d'Argent » est aussi envoûtante que féerique.
Les musiques de films sont toujours composées d'après les images. Elles sont collées sur les séquences. Ici, la musique n'est pas collée sur le film mais fait partie intégrante de celui-ci. Au point qu'on se demande si Elfman ne composait pas ses morceaux sur le plateau, pendant le tournage !
Si vous connaissez le film, il vous suffit de vous installer dans votre fauteuil, de fermer les yeux et d'écouter le la b.o. du film. Vous reverrez l'histoire imaginée par Burton de dérouler avec une précision magistrale, sans le secours des images. Il n'existe pas de mélodie plus féerique : l'écoute de cet album est un voyage merveilleux dans cette fable magique. Merci Hadrien de m'avoir fait cette remarque.

Tim Burton et Danny Elfmann

par Jamin publié dans : Favorite Movies
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Dimanche 18 mai 2008

Un reporter-photographe, une jambe dans le plâtre, est cloué à son fauteuil roulant. Il a devant lui comme un écran : c'est la fenêtre de son salon par laquelle il observe, par oisiveté, ses voisins.

Hitchcock nous a mis à la place de son héros. Comme lui, nous sommes cloués à notre fauteuil, comme lui nous sommes voyeurs du petit monde que James Stewart observe. Il y a une femme seule, un couple de jeunes mariés, un musicien, une jeune danseuse, un couple sans enfants avec un petit chien, et enfin un couple dont les disputes sont de plus en plus violentes. Un soir, il entend un cri venant de l'appartement d'en  face et voit son voisin sortir, chargé d'une lourde valise. Il le soupçonne d'avoir tué sa femme... De simple spectateur, il devient cinéaste : il invente et met en scène une histoire...

Film phare de la période américaine de maître Hitchcock, « Rear Window » est une œuvre réussie sur plusieurs niveaux. Le script, d'une efficacité redoutable distille une angoisse digne des plus grands thrillers. La richesse du scénario est impressionnante : le film passe ainsi en revue les différentes facettes de l'amour, au travers les habitants de la cour : passion, jalousie, solitude, haine... Enfin la mise en scène, faite de champs contre champs répétés et obsédants, nous place à notre tour dans cette position de voyeur. Mais le film vaut aussi pour la réflexion qu'il propose sur le cinéma, réflexion doublée d'une prouesse technique puisque tout le film est tourné dans un seul décor.  « Fenêtre sur Cour » est un film sur la fascination de l'image qu'éprouvent tous les êtres humains : le personnage de James Stewart entraîne d'ailleurs progressivement dans son voyeurisme sa fiancée et son infirmière, comme il emporte le spectateur lui-même...

Film sur le regard, donc sur le cinéma, c'est à la fois un grand classique et une œuvre expérimentale passionnante et non dénuée d'humour.  L'un des meilleurs Hitchcock pour beaucoup de cinéastes admirateurs de Sir Alfred qui, grand spécialiste des slogans, disait : « Si vous n'éprouvez pas une délicieuse terreur en voyant Fenêtre sur cour, pincez-vous, vous êtes probablement mort. »

Le film a obtenu quatre oscars : réalisation, scénario, photographie, son.

par Jamin publié dans : Favorite Movies
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Mercredi 30 avril 2008

 

 
Voici le 5e film de ma série « Favorite Movies » : Edward Scissorhands. En voici enfin un dont j’ai assuré la sortie en Belgique (1990). Ce fut un coup de cœur total...







Vincent Prince dans son dernier rôle
  
Edward est un garçon peu ordinaire. Création d'un inventeur un peu fou, mort avant d'avoir pu terminer son œuvre, le garçon se retrouve avec des lames de métal en guise de doigts. Livré à lui-même, avec son cœur en or et son innocence, il va être confronté à la vie dans une société dont il ne comprendra ni les codes, ni les règles. Inquiétant au départ, Edward se révèle un être charmant et inoffensif tandis que les « desperate housewives » qui l’avaient adopté se métamorphosent vite en de redoutables viragos. Ces soi-disant braves gens dont la curiosité malsaine fait vite place au rejet, décrètent anormal ce qui échappe à leurs normes.

 

« Edward aux Mains d'Argent » est une réussite absolue. Tim Burton montre l’envers du décor d’une petite ville aux tons pastel, parfaite en apparence, mais qui renferme tous les maux d'une société coincée dans ses préjugés. Il démontre que la vraie monstruosité n’est pas là où on l'attend.

Conte de fées magique, symphonie mélancolique, c’est plus qu'un film réussi : c’est  une magnifique leçon de tolérance sur le respect des différences.



 

   Une mention spéciale pour Johnny Depp qui entamait ici sa collaboration avec celui qui allait devenir son réalisateur fétiche. (6 films ensemble à ce jour dont le génial « Ed Wood »). Lorsque Tim Burton l'a rencontré, il tournait dans une série TV pour ados (21 Jump Street). Considéré alors comme un jeune acteur pour minettes, il voulait absolument ce rôle. Le réalisateur s’est vite rendu compte que Depp comprenait intimement le personnage. Burton dira « Johnny Depp a des regards, dans ce film, qui m'épatent encore. »

Tim Burton
  

Merci aussi à Tim Burton d’avoir rejeté la proposition de la Fox qui voulait donner le rôle à Tom Cruise. Car il fallait des couilles pour interpréter ce rôle. Et la rumeur veut que le chantre de la Scientologie n’en n’a qu’une…   

Très beau site pour en savoir plus sur « Edward aux Mains d’Argent » :

http://www.tim-burton.net/?idfilm=12 


« Dès l'enfance, on vous marque, on vous parque: celui-ci est un "physique", celui là un "intello". Moi j'étais calme, solitaire, et j'aimais les films fantastiques. On m'a classé dans les "bizarres". »
(Tim Burton)

par Jamin publié dans : Favorite Movies
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Mardi 15 avril 2008

Monsieur Hulot habite dans un quartier de banlieue où il fait bon vivre. Vieux garçon au chômage, il est le témoin d'un monde ancien qui commence à disparaître. A deux pas de cet univers, on trouve un monde moderne et sans âme : celui de sa sœur qui a épousé le patron d'une usine, Monsieur Arpel. Leur fils de neuf ans, Gérard, s'ennuie ferme dans la maison familiale ultramoderne et recherche la complicité de son oncle qui met une touche de fantaisie dans son univers aseptisé. Mais M. Arpel se méfie : Hulot pourrait constituer un mauvais exemple pour le fiston... Il faut le faire rentrer dans le rang...

Mon Oncle est souvent considéré comme le meilleur Tati. C'est riche, drôle, d'une beauté visuelle et sonore qui n'a pas pris une ride. C'est l'œuvre d'un poète sur le temps qui passe et détruit les époques. Certains critiques estiment que « Mon Oncle » est le film le plus triste de Tati. Un comble pour une comédie, alors qu'il n'est que nostalgique, sans amertume, car Tati ne fait que constater. Son personnage de Monsieur Hulot, maladroit et solitaire, ne lutte pas contre la société moderne mais au contraire, est prêt à s'y assimiler.


Mais malgré sa bonne volonté, son corps, son esprit, ses gestes, ne peuvent s'adapter à ce monde moderne dans lequel sa sœur et son beau-frère voudraient le faire entrer. Hulot reste un personnage libre et intemporel dont les plaisirs enfantins s'opposent à la rentabilité des adultes. La transformation de Hulot sera un échec. Mais n'aura-t-il pas laissé chez son neveu quelques germes de sa marginalité ?

Un exemple de la poésie de Tati : rentré dans son deux-pièces, Monsieur Hulot ouvre légèrement sa fenêtre qui envoie ainsi un rayon de soleil sur la cage d'un canari, qui, instantanément, se met à chanter. Cela ne fait pas faire rire aux larmes. Juste sourire, mais d'un sourire heureux.

Amusant de constater que ce film date de 1958. S'il y a des grues partout dans le film de Tati, actrices d'un monde qui disparait sous les coulées de béton, elles étaient tout aussi nombreuses dans le ciel de Bruxelles qui célébrait l'Expo 58, première exposition universelle de l'après guerre dont les pavillons, rivalisant d'ingéniosité et de modernité dans leurs conceptions, semblent tous sortir de l'imaginaire de Tati.

« Mon Oncle » à obtenu le Prix Spécial du jury au Festival de Cannes et l'Oscar du Meilleur Film Etranger à Hollywood.

par Jamin publié dans : Favorite Movies
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