Corneilla niouzes
Un reporter-photographe, une jambe dans le plâtre, est cloué à son fauteuil
roulant.
Il a devant lui comme un
écran : c'est la fenêtre de son salon par laquelle il observe, par oisiveté, ses voisins.
Hitchcock nous a mis à la place de son héros. Comme lui, nous sommes cloués à notre fauteuil, comme lui nous sommes voyeurs du petit monde que James Stewart observe. Il y a une femme seule, un couple de jeunes mariés, un musicien, une jeune danseuse, un couple sans enfants avec un petit chien, et enfin un couple dont les disputes sont de plus en plus violentes. Un soir, il entend un cri venant de l'appartement d'en face et voit son voisin sortir, chargé d'une lourde valise. Il le soupçonne d'avoir tué sa femme... De simple spectateur, il devient cinéaste : il invente et met en scène une histoire...
Film phare de la période américaine de maître Hitchcock, « Rear Window » est une œuvre réussie sur plusieurs niveaux.
Le script, d'une efficacité redoutable distille une angoisse digne des plus grands thrillers. La richesse du scénario est impressionnante : le film passe ainsi en revue les différentes
facettes de l'amour, au travers les habitants de la cour : passion, jalousie, solitude, haine... Enfin la mise en scène, faite de champs contre champs répétés et obsédants, nous place à notre
tour dans cette position de voyeur. Mais le film vaut aussi pour la réflexion qu'il propose sur le cinéma, réflexion doublée d'une prouesse technique puisque tout le film est tourné dans un seul
décor. « Fenêtre sur Cour » est un film sur la fascination de l'image qu'éprouvent tous les êtres humains : le personnage de James Stewart entraîne d'ailleurs progressivement dans
son voyeurisme sa fiancée et son infirmière, comme il emporte le spectateur lui-même...
Film sur le regard, donc sur le cinéma, c'est à la fois un grand classique et une œuvre
expérimentale passionnante et non dénuée d'humour.
L'un des meilleurs Hitchcock pour beaucoup de cinéastes admirateurs de Sir Alfred qui, grand spécialiste des slogans, disait : « Si vous n'éprouvez pas une
délicieuse terreur en voyant Fenêtre sur cour, pincez-vous, vous êtes probablement mort. »
Le film a obtenu quatre oscars : réalisation, scénario, photographie, son.
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