Monsieur
Hulot habite dans un quartier de banlieue où il fait bon vivre. Vieux garçon au chômage, il est le témoin d'un monde ancien qui commence à disparaître. A deux pas de cet univers, on trouve un
monde moderne et sans âme : celui de sa sœur qui a épousé le patron d'une usine, Monsieur Arpel. Leur fils de neuf ans, Gérard, s'ennuie ferme dans la maison familiale ultramoderne et
recherche la complicité de son oncle qui met une touche de fantaisie dans son univers aseptisé. Mais M. Arpel se méfie : Hulot pourrait constituer un mauvais exemple pour le fiston... Il
faut le faire rentrer dans le rang...
Mon Oncle est souvent considéré comme le meilleur Tati.
C'est riche, drôle, d'une beauté visuelle et sonore qui n'a pas pris une ride. C'est l'œuvre d'un poète sur le temps qui passe et détruit les époques. Certains critiques estiment que « Mon
Oncle » est le film le plus triste de Tati. Un comble pour une comédie, alors qu'il n'est que nostalgique, sans amertume, car Tati ne fait que constater. Son personnage de Monsieur Hulot,
maladroit et solitaire, ne lutte pas contre la société moderne mais au contraire, est prêt à s'y assimiler.
Mais malgré sa bonne
volonté, son corps, son esprit, ses gestes, ne peuvent s'adapter à ce monde moderne dans lequel sa sœur et son beau-frère voudraient le faire entrer. Hulot reste un personnage libre et
intemporel dont les plaisirs enfantins s'opposent à la rentabilité des adultes. La transformation de Hulot sera un échec. Mais n'aura-t-il pas laissé chez son neveu quelques germes de sa
marginalité ?
Un exemple de la poésie de Tati : rentré dans son deux-pièces, Monsieur Hulot ouvre
légèrement sa fenêtre qui envoie ainsi un rayon de soleil sur la cage d'un canari, qui, instantanément, se met à chanter. Cela ne fait pas faire rire aux larmes. Juste sourire, mais d'un sourire
heureux.
Amusant de constater que ce film date de 1958. S'il y a des grues partout dans le film de Tati, actrices d'un monde qui disparait sous les coulées de béton, elles étaient tout aussi nombreuses dans le ciel de Bruxelles qui célébrait l'Expo 58, première exposition universelle de l'après guerre dont les pavillons, rivalisant d'ingéniosité et de modernité dans leurs conceptions, semblent tous sortir de l'imaginaire de Tati.
« Mon Oncle » à obtenu le Prix Spécial du jury au Festival de Cannes et l'Oscar du
Meilleur Film Etranger à Hollywood.
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Corneilla niouzes










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