Dimanche 1 juin 2008

« Pour bien connaître quelqu'un, visite d'abord sa maison. »

Ce vieux proverbe syldave plein de bon sens est plus fondé encore quand il s'agit de découvrir un artiste. C'est vrai pour Monet à Giverny, pour Dali à Port Lligat, et c'est plus vrai encore pour Trenet à Narbonne.

  « J'ai toujours été sensible au mot maison. Parce que finalement c'est un havre de paix, surtout la maison de Narbonne dans laquelle je suis né. Je dis toujours de mes autres maisons qu'elles m'appartiennent, mais celle de Narbonne c'est la seule à laquelle j'appartiens » disait Trenet en 1983.

Et en effet, j'ai noté que sur 50 chansons  décortiquées, pas moins de 13 comportent le mot  « maison »...

Celle qui nous occupe, aujourd'hui musée géré par la ville, est toute simple. C'est une maison bourgeoise où rien ne semble avoir bougé depuis les années '50. Elle est là, avec ses volets verts, face à la voie ferrée, toute proche de ce qui était la tonnellerie du grand-père. Mais plus qu'une simple adresse, ce fut le lieu non seulement de sa naissance mais aussi la source de bien des rêveries d'enfant qui deviendront souvenirs qui deviendront à leurs tours chansons...

« Je reste fidèle à des choses sans importance pour vous, à des riens qui pour moi font un tout... »

En 1935, il n'a que 22 ans. C'est l'âge où on se moque du passé, où l'on ne voit que l'avenir. Mais ce n'est pas vrai en ce qui concerne Charles : lorsque sa mère décide de vendre cette habitation dans laquelle elle n'a pas que des bons souvenirs, il lui adresse une chanson : « maman ne vend pas la maison »


Maman, ne vends pas notre vieille maison.
Là, j'peux pas t'donner raison.
Elle est si jolie avec ses volets verts,
Sa fraîcheur l'été et sa douceur l'hiver.
Les trains qui vont la nuit
Nous chantent des chansons.
Maman, ne vends pas la maison.

Bien entendu, il vaut mieux faire connaissance avec Trénet au travers de ses chansons plutôt que dans un musée. Mais pourtant rien de froid ici, rien d'austère. Le poète a disparu mais ses chansons courent encore dans l'escalier, résonnent encore du fond des placards.

Y a des souvenirs au fond de chaque tiroir,
Des parfums dans les placards.

Les murs eux-mêmes sont imprégnés de sa mélancolie et de sa joyeuse folie.

Maman, tu as bien fait de garder la maison.
Toujours nous y resterons.

C'est vrai : lui qui aimait tant les fantômes, on sent que le sien hante toujours les lieux. Il est là, il nous regarde, ses yeux bleus pétillants de malice.

Inutile de vous expliquer en détail la visite de la maison Charles Trenet. Sachez seulement que cette maison toute simple est un monde merveilleux à explorer pour tous ceux qui sont sensibles à l'univers extraordinaire du poète.

Car tout a commencé ici...


Maison Charles Trenet
13, Avenue Charles Trenet.
11100 Narbonne
Renseignements et réservations : 00 33 4 68 90 30 66

Si votre coeur fait "boum" allez dans la colonne de droite, cliquez sur le lien "Tout sur le grand Charles" pour découvrir "le portail des amis de Charles Trenet" Une formidable mine de renseignements, les textes de ses chansons, des photos, des témoignages...

Elle est si jolie avec ses volets verts,
Sa fraîcheur l'été et sa douceur l'hiver.
Y a des souvenirs au fond de chaque tiroir,
Des parfums dans les placards.
Les trains qui vont la nuit
Nous chantent des chansons.
Merci, maman, d'avoir gardé la maison
.



















Une bonne adresse si vous faites halte à  Narbonne :
"la table Saint Crescent".

Menu "Saveurs et Région" à 45 €, vin compris, tout à fait remarquable...
www.la-table-saint-crescent.com/


 

par Jamin publié dans : Roussillon et environs
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 mai 2008
Quel plaisir de trouver des commentaires au bas de l'article « Edward Scissorhands » !
Si vous ne les avez pas lus, les voici :

Excellent film, un de mes préférés à moi aussi ! Chaque fois que je vois un buisson mal taillé, une maison pastelle, la coupe de cheveux d'un danseur de Tecktonic, je pense direct à Edward aux mains d'argent :-) Et comme disait un journaliste de Libé : Chaque film de Tim Burton est un cadeau dont on est pressé d'ouvrir l'emballage..."

Et même pas une petite mention pour la musique, véritable clé de voute du chef d'oeuvre ? :-(

Le premier nous vient de Pascal, un grand fan de Burton. Pascal est l'excellent critique d'un hebdo du plat pays avec lequel j'étais (presque) toujours d'accord quand je défendais les films dont j'avais la charge.
Le second, Hadrien, un internaute dont je suis un lecteur assidu de son blog.
Sa remarque est ô combien pertinente. C'est vrai que je ne parle jamais des musiques de mes « Favorite Movies». Et c'est vrai qu'ici j'aurais dû faire une exception. Comme il est vrai aussi que parmi mes 200 ou 300 « soundtraks » celui d'Edward Scissorhands sort du lot.
N'ayons pas peur des mots : c'est la meilleure musique de film de ma discothèque !
Danny Elfman est le compositeur de pratiquement tous les films de Tim Burton son plus fidèle partenaire avec Johnny Depp. Mis à part Ed Wood et Sweeney Todd, il composa la musique de tous ses films. Plus qu'une harmonie, c'est une osmose qui lie les deux artistes pour une seule et même vision. La trame sonore composée par Elfman pour « Edward Aux Mains d'Argent » est aussi envoûtante que féerique.
Les musiques de films sont toujours composées d'après les images. Elles sont collées sur les séquences. Ici, la musique n'est pas collée sur le film mais fait partie intégrante de celui-ci. Au point qu'on se demande si Elfman ne composait pas ses morceaux sur le plateau, pendant le tournage !
Si vous connaissez le film, il vous suffit de vous installer dans votre fauteuil, de fermer les yeux et d'écouter le la b.o. du film. Vous reverrez l'histoire imaginée par Burton de dérouler avec une précision magistrale, sans le secours des images. Il n'existe pas de mélodie plus féerique : l'écoute de cet album est un voyage merveilleux dans cette fable magique. Merci Hadrien de m'avoir fait cette remarque.

Tim Burton et Danny Elfmann

par Jamin publié dans : Favorite Movies
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 18 mai 2008

Un reporter-photographe, une jambe dans le plâtre, est cloué à son fauteuil roulant. Il a devant lui comme un écran : c'est la fenêtre de son salon par laquelle il observe, par oisiveté, ses voisins.

Hitchcock nous a mis à la place de son héros. Comme lui, nous sommes cloués à notre fauteuil, comme lui nous sommes voyeurs du petit monde que James Stewart observe. Il y a une femme seule, un couple de jeunes mariés, un musicien, une jeune danseuse, un couple sans enfants avec un petit chien, et enfin un couple dont les disputes sont de plus en plus violentes. Un soir, il entend un cri venant de l'appartement d'en  face et voit son voisin sortir, chargé d'une lourde valise. Il le soupçonne d'avoir tué sa femme... De simple spectateur, il devient cinéaste : il invente et met en scène une histoire...

Film phare de la période américaine de maître Hitchcock, « Rear Window » est une œuvre réussie sur plusieurs niveaux. Le script, d'une efficacité redoutable distille une angoisse digne des plus grands thrillers. La richesse du scénario est impressionnante : le film passe ainsi en revue les différentes facettes de l'amour, au travers les habitants de la cour : passion, jalousie, solitude, haine... Enfin la mise en scène, faite de champs contre champs répétés et obsédants, nous place à notre tour dans cette position de voyeur. Mais le film vaut aussi pour la réflexion qu'il propose sur le cinéma, réflexion doublée d'une prouesse technique puisque tout le film est tourné dans un seul décor.  « Fenêtre sur Cour » est un film sur la fascination de l'image qu'éprouvent tous les êtres humains : le personnage de James Stewart entraîne d'ailleurs progressivement dans son voyeurisme sa fiancée et son infirmière, comme il emporte le spectateur lui-même...

Film sur le regard, donc sur le cinéma, c'est à la fois un grand classique et une œuvre expérimentale passionnante et non dénuée d'humour.  L'un des meilleurs Hitchcock pour beaucoup de cinéastes admirateurs de Sir Alfred qui, grand spécialiste des slogans, disait : « Si vous n'éprouvez pas une délicieuse terreur en voyant Fenêtre sur cour, pincez-vous, vous êtes probablement mort. »

Le film a obtenu quatre oscars : réalisation, scénario, photographie, son.

par Jamin publié dans : Favorite Movies
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 14 mai 2008

Joli mois de mai, mois des anniversaires…

 

 D’abord c’est l’anniversaire de Mai 68. Mais... mai 68 on nous en rabâche assez les oreilles partout pour qu'on s’y étende ici.

Et puis celui de mon frérot. C’est le 5, si  vous voulez lui faire un cadeau l’année prochaine (là, c’est trop tard).

Puis il y a celui de la « deuch » qui a 60 ans !

Le premier prototype a vu le jour en 1937, mais ce n’est qu’en 1948 que la 2 CV fera sa première apparition. Stupeur : c’est la première fois que l’on voit un véhicule aussi dépouillé, aussi laid avec sa carrosserie ondulée grise mais avec une suspension aussi souple. La réputation de la « deuch » se fait toute seule. Tous l’adoptent : l’agriculteur, la religieuse et même… ma maman. C’est elle qui ma laissera un jour le volant du bolide sur l’autoroute d’Ostende. Ca y est : je conduis ! Et pas n’importe quoi : une 375 cm3 bicylindre à quatre temps refroidis par air qui ne consomme que cinq litres au 100 Km (mais qui ne dépasse que difficilement les douze Km à l’heure dans les côtes…)

Ce sera la seule « citron » de la famille qui passera ensuite pour longtemps chez Opel. Je retrouverai la marque aux chevrons en 1982. La 20th Century Fox (fusionnée avec UA en Belgique) sort « For Your Eyes Only » avec Roger Moore et Carole Bouquet. Aussi incrédible que bouleversifiant : James Bond y roule en 2 cv !
 Je rencontre à cette occasion un homme  charmant : Monsieur Paul De Keersmaeker,   directeur des relations publiques de Citroën Belgique avec qui j’organise une avant-première du film. Notre collaboration perdurera longtemps : c'est ainsi que toutes les stars en visite en Belgique pour la Fox seront été véhiculées en Citroën. Delon, Aznavour, Rampling, Birkin, Hanin, Gassman, Trintignant, Lelouch et tant d'autres, ont posé leurs augustes postérieurs dans des CX, BX et XM. Mais jamais dans les sièges d’une 2cv dont la longue carrière s’arrêtera le 27 juillet 1990.  Salut la « deuch »…


Oups !
J’allais oublier. Mai 68. Le quinze au soir. Je sors prendre un verre. Pas sur les barricades, bien peu nombreuses à Bruxelles, mais bien dans une discothèque proche de la Monnaie. J’y rencontre un certain Robert. Selon le dicton, « méchante femme s'épouse en mai ». Peut-être, mais moi j’ai choisi un môssieur. Et nous ne sommes pas (encore) mariés. Juste « pacsés ».
15 mai 68. Ca fait quarante ans. Oufti !

par Jamin publié dans : c'est fou, non?
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Présentation

Rechercher

Derniers Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus